Impressions... d'être

2018-01-01

Résidence de création du compositeur Nicolas Frize 
au cœur de cinq grandes imprimeries d’Ile de France en 2018, 2019 et 2020 
en vue d’une création musicale mi 2020.


Faisant suite aux nombreuses créations conduites par le compositeur en relation avec le monde du travail, par exemple dans les usines Renault de Boulogne-Billancourt, à l’Hôpital Delafontaine de Saint-Denis, à la Manufacture de Porcelaine de Sèvres, à l’usine PSA de Saint-Ouen, aux Archives nationales de Pierrefitte et Paris…, Nicolas Frize a entrepris depuis mars 2018 une nouvelle longue résidence sur 2,5 ans autour des métiers de l’imprimerie et plus globalement sur la thématique de l’Impression.

L’objectif est multiple, comme souvent : il s’agit bien sûr de rencontrer les salariés, de construire avec eux un partenariat culturel et artistique, de constituer une mémoire sonore des lieux de travail par des prises de son musicales des sites. Il s’agit aussi de conduire une réflexion sur l’imprimerie, sur les outils, les matériaux et les gestes, d’appréhender ce que l’impression nous dit à travers ses vocabulaires – du côté de la lettre d’une part, des rotatives d’autre part… –, ce qu’elle nous dit à travers son histoire – alors que les développements technologiques n’ont cessé de la transformer –, ce qu’elle nous dit à travers ses objets – du livre au magazine au journal quotidien : leur facture, leur destinée, leurs auteurs et leurs lecteurs, leurs sujets et leurs enjeux ! Il sera question ici de rapport à la vitesse (le temps fulgurant de l’impression), de la trace du temps et de l’effacement de la trace, de la part de l’événement et de la continuité, du visible et de l’invisible, des nuits et des petits matins…

A partir de tous ces sujets – et bien d’autres – qui sourdent autour de la formidable impression de milliers de mots au quotidien, Nicolas Frize veut écrire une création musicale, instrumentale, vocale, sonore, à la façon d’un opéra contemporain.

Dans un premier temps il l’instruit, rencontre et échange, enregistre, réfléchit et construit. C’est l’objet d’un processus de résidence, d’une immersion de plusieurs mois entre 2018 et 2020, seul et avec son équipe, auprès des acteurs des grands sites franciliens du groupe Riccobono, POP à la Courneuve, IDN à Tremblay en France, NewSprint à Lieusaint ainsi qu'à la Scoop d'Hélio Corbeil et à l'imprimerie du JO dans Paris (la Dila).

Dans un second temps, une œuvre s’écrit et naît, pour un grand effectif d’instruments, de voix, de sons enregistrés. Elle se bâtit en partenariat avec les villes, les territoires où sont implantées ces imprimeries, les divers acteurs culturels ou du monde du travail, diverses personnes ressources - universitaires entre autres…

Une œuvre transdisciplinaire, musicale bien sûr mais certainement aussi graphique, littéraire… et peut-être chorégraphique… qui sera donnée en concert public mi 2020 dans des espaces à définir, en lien avec ces imprimeries et divers lieux culturels et artistiques urbains.

Le compositeur s’immerge aujourd’hui dans cette résidence musicale, enchevêtrant plusieurs thématiques, et parmi toutes, d’un côté les enjeux de l’impression de mots, d’idées et d’images sur des supports éphémères, de l’autre les enjeux de la fixation des mots et des idées dans l’Histoire...

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