Création musicale de Nicolas Frize et Jean-Pierre Drouet
Concert de porcelaine
Création en cours de reprise à l'étranger...
École des Beaux-Arts (grande galerie), 14 rue Bonaparte 75006 Paris. M° Saint-Germain des Près (ligne 4) ou Pont neuf (ligne 7)
Percussionnistes : Jean-Pierre Drouet, Sylvain Lemêtre, Christophe Bredeloup, Elisa Humanes, Marianne Delafon - et Benjamin Colin, Jérémie Cresta, Julien Delacroix, Cyrille Froger, François Gelin, Cyril Imanache, Emmanuel Joste, Maxence Mattioli, Raphael Pannier, Benjamin Soistier, Sébastien Dam (enfant),
Hautboïste : Claude Villevieille,
Violoncelliste : Frédéric Petit
Conception instrumentale et scénographie : Nicolas Frize
Créée à la Manufacture de Sèvres le 3 octobre 2010 dans le cadre du Festival d'Ile de France puis redonnée le 15 décembre 2010 dans la grande galerie vitrée de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (ENSBA) dans le cadre de la cloture du 50ème anniversaire du ministère de la Culture
L’œuvre se décompose en trois mouvements, trois approches musicales singulières, qui abordent les instruments et objets sonores en porcelaine de façon progressive.
• Le premier mouvement est horizontal, linéaire, aérien, continu. La matière sonore s’alimente elle-même de façon lente et sédimentée, par des modes d’entretien successifs, trémolos, pluies, granulations, roulements, glissements, résonnances qui se tuilent peu à peu les unes dans les autres, motifs rythmiques circulaires, répétitifs et évoluant tout le temps, comme un long paysage qui avance, de sons en sons, de timbres en timbres…
• Le second mouvement est discontinu et dialoguant, il s’appuie sur l’espace et les déplacements sonores. L'installation du public elle-même induit un jeu de spatialisation des sons, une circulation des interprètes. Ceux-ci sont dans l’échange, dans des conversations musicales contrastées, jouant d’alternances entre des densités globales et des localisations subtiles, des couleurs vives et des silences énigmatiques, micro jeux de matières qui apparaissent et disparaissent... Le violoncelle contraste avec les sonorités et nuances de la porcelaine, oscille entre solitude et rencontre.
• Le troisième mouvement est de facture avant tout instrumentale : très animé, poétique, parfois ludique, il repose essentiellement sur l'expression musicale des interprètes, leur charisme sonore, leur invention, la qualité de leur jeu et des sons... La partition est composée de solis, de duos, de trios, de quatuors, et de séquences combinées très écrites. Le hautbois baroque en porcelaine y tient une place inédite (et historique). C’est aussi dans ce mouvement qu’apparaissent, aux côtés d’un enfant percussionniste, l’interprétation originale et fantasque des deux compositeurs.
L’instrumentarium est le fruit d’une recherche de trois ans, un travail expérimental totalement inédit, révélant la connaissance de la lutherie et de l’acoustique du compositeur Nicolas Frize et sa posture, iconoclaste et ludique. La Manufacture nationale de Sèvres l’a accueilli en résidence pendant trois ans, lui a donné accès aux ateliers, à la matière et surtout au savoir faire de ses techniciens céramistes. La conception de tous ces objets sonores en porcelaine s’est organisée autour de trois grandes familles d’instruments : la reproduction en céramique d’instruments traditionnels de l’orchestre, chimes, maracas, claviers, castagnettes, hautbois, udus… Le détournement ludique ou sérieux de la production classique de la Manufacture : tasses, assiettes, vases, bols, théières… L’invention de nouveaux instruments et surtout de nouveaux modes de jeu instrumentaux, de gestes, pour obtenir des nuances et intentions musicales ou sonores non explorées. Ainsi sont nés le volutophone, le casséophone, la tortue hérisson, les aiguilles en torsade, la goulotte, les doigts-dés à coudre…
Une aventure de temps
«… de la lenteur de la porcelaine, de sa métamorphose de pâte à sa cristallisation, jusqu’à son éternité possible, je me suis habité. Au long des jours, les objets se transforment lentement, la concentration le dispute à l’attente, la prévision au hasard, le jeu à l’inquiétude... Au coeur des semaines et des mois, passés au coeur des formes et de la matière, je me suis créé une nouvelle disponibilité. La gratuité des relations avec les personnels, avec la matière, avec les lieux est une source de création en soi, l’apprentissage permanent ouvre des possibles sans fin. L’enfant grandit avec jubilation, il n’a pas de limite. L’invention est dans chaque instant, mêlée d’errance et de volonté. Il faut s’étendre, dans l’écoute et le silence. Ce n’est pas la musique qui a besoin de temps, c’est le temps qui donne la musique. »
Une production Les Musiques de la Boulangère, soutenue par la Drac Ile-de-France, la Région Ile-de-France, le Conseil général de la Seine-Saint-Denis, le Conseil Général des Hauts-de-Seine, la ville de Saint-Denis, la Sacem et la Caisse des Dépôts et Consignations, en coproduction avec le Festival d’Ile de France et la Manufacture nationale de Sèvres.